Former des formateurs au Bénin : le regard d'une DRH 5 étoiles sur le FOFO by Manegere
- Arnaud DUBOST
- il y a 2 jours
- 10 min de lecture
Manegere Associés, cabinet international de conseil et de formation en management de la performance certifié QUALIOPI, présent à Paris, Cotonou (Bénin) et Abidjan (Côte d'Ivoire), a organisé en mars 2026 à Cotonou une session de certification de son programme FOFO (Formation de Formateurs), un dispositif de 5 jours qui transforme des experts métier en formateurs certifiés, capables de concevoir et d'animer des modules de formation professionnelle selon la méthode de conception à rebours.
Suzanne KAFANDO, Directrice des Ressources Humaines du Sofitel Cotonou Marina Hôtel & Spa, premier hôtel 5 étoiles du Bénin, a présidé le jury de certification de cette session inter-entreprises.
Elle a accepté de partager son regard sur le dispositif, ses exigences, et les enjeux de la formation professionnelle dans le Bénin de 2026.
Suzanne KAFANDO, une présidente de jury qui ne transige pas
Dans l'hôtellerie de luxe, la qualité de service repose entièrement sur la capacité des collaborateurs à reproduire un standard d'excellence à chaque interaction. C'est avec cet œil, celui d'une professionnelle formée aux exigences du groupe Accor, que Suzanne KAFANDO a évalué les candidats du FOFO by Manegere.
Sa conclusion est sans ambiguïté :
« Je n'aurais pas prêté mon nom à un dispositif qui ne soit pas à la hauteur. »
Ce qu'elle a constaté : un processus rigoureux, une grille d'évaluation précise et transparente, un jury souverain et indépendant.
Pas d'attestation de présence déguisée en certification, mais une validation par les pairs de la compétence réelle à faire apprendre.
Ci-dessous, l'intégralité de l'entretien.
L'interview intégrale
« J'ai vu des experts transformés en formateurs en cinq jours. »
Entretien avec Suzanne KAFANDO
Directrice des Ressources Humaines - Sofitel Cotonou Marina Hôtel & Spa, premier hôtel 5 étoiles du Bénin
1. Qu'est-ce qui vous a convaincue d'accepter de présider le jury de certification du FOFO by Manegere ?
D'abord la curiosité professionnelle.
Dans l'hôtellerie 5 étoiles, la formation est le nerf de la guerre.
Chez Sofitel, sous la marque Accor, nous formons en permanence nos équipes d'accueil, nos gouvernantes, nos chefs de rang, nos managers.
La qualité de service repose entièrement sur la capacité de nos collaborateurs à reproduire un standard d'excellence à chaque interaction avec le client.
Quand on m'a proposé de présider ce jury, j'ai voulu voir de près ce que produisait une formation de formateurs certifiante.
Est-ce que ça allait au-delà du discours ?
Est-ce que les participants étaient réellement capables de concevoir et d'animer ?
J'avais besoin de le constater moi-même.
Et puis, en tant que DRH d'un établissement phare au Bénin, je trouvais important de contribuer à un dispositif qui vise à professionnaliser la formation dans le pays.
On a tellement besoin de formateurs compétents ici.
2. Concrètement, comment s'est déroulée cette journée de certification ?
C'est très structuré et rogoureux.
Chaque candidat doit concevoir un module de formation complet, pas un exposé, un vrai module avec des objectifs pédagogiques, un déroulé séquencé, des techniques d'animation variées, puis en animer une séquence devant le jury et les autres participants.
Le jury évalue sur une grille précise : la rigueur de la conception, la capacité à formuler des objectifs mesurables, la qualité de l'animation, la gestion du groupe, la posture.
Ce n'est pas un oral académique.
C'est une mise en situation réelle.
On voit immédiatement si la personne est capable de faire apprendre, ou si elle se contente de dérouler un contenu.
Ce qui m'a frappée, c'est le niveau d'exigence.
Ce n'est pas une formalité.
Les candidats ont été vraiment challengés.
Et c'est précisément ce qui donne sa valeur à la certification.
3. Qu'avez-vous observé chez les candidats qui vous a marquée ?
La transformation.
On sentait que ces personnes étaient arrivées cinq jours plus tôt avec leur expertise métier et une manière de faire très classique : le sachant qui parle, l'audience qui écoute. Et là, devant le jury, ils présentaient des séquences pédagogiques structurées, avec des mises en situation, des temps de pratique, des consignes précises.
J'ai vu des profils très différents, des cadres d'entreprise publique, des consultants, des managers opérationnels, et tous avaient intégré la même logique : on ne part plus de ce qu'on sait, on part de ce que l'apprenant doit être capable de faire.
Ce renversement de posture, en cinq jours, c'est remarquable.
Ce qui m'a aussi impressionnée, c'est la fierté des candidats.
On voyait que cette certification comptait pour eux.
Ce n'était pas un diplôme de complaisance.
Ils avaient travaillé, et ils le démontraient.
4. En quoi cette expérience de jury fait-elle écho à vos propres enjeux au Sofitel ?
Directement. Dans l'hôtellerie de luxe, tout repose sur l'humain.
On peut investir dans les plus beaux équipements, la plus belle architecture, et c'est le cas au Sofitel Cotonou, premier 5 étoiles du pays, mais si le collaborateur en face du client n'a pas le bon geste, le bon mot, la bonne posture, l'expérience s'effondre.
Or, cette posture de service, elle s'enseigne.
Elle se transmet.
Et elle se transmet mieux par quelqu'un qui connaît l'établissement de l'intérieur que par un formateur externe qui passe une journée et repart.
Nous avons nos propres référentiels Accor, nos standards de marque.
Mais le défi au quotidien, c'est de faire vivre ces standards à travers des collaborateurs locaux qui n'ont pas tous grandi dans une culture de l'hôtellerie de luxe.
Il faut des formateurs internes qui sachent transposer un standard international dans une réalité béninoise.
C'est exactement la compétence que le FOFO développe.
Et ce qui est vrai pour l'hôtellerie est vrai pour tout secteur où la qualité de service est un différenciateur : la banque, les télécoms, le transport aérien, les services publics en contact avec les usagers.
5. Le Bénin vit une transformation économique accélérée. La GDIZ, le port, le tourisme. En quoi la formation des formateurs internes est-elle un enjeu stratégique dans ce contexte ?
Le Bénin attire.
Les investissements explosent.
La GDIZ emploie déjà plus de 6 000 jeunes et vise 300 000 emplois.
Le port de Cotonou se modernise avec 317 milliards de FCFA d'investissements.
Le tourisme croît avec la Route des Pêches, Ganvié, le patrimoine de Ouidah. Des établissements haut de gamme s'installent.
Tout cela crée un besoin massif de montée en compétences.
Mais le marché des formateurs qualifiés est étroit au Bénin.
On ne peut pas importer tous les formateurs.
Et même quand on le fait, leur impact est limité s'ils ne connaissent pas nos réalités terrain.
La vraie solution, c'est de développer une capacité interne de formation à l'échelle du pays. Que chaque entreprise stratégique — publique ou privée — dispose de formateurs internes certifiés, capables de transmettre avec méthode. C'est un enjeu de souveraineté en compétences, si vous voulez.
La ZLECAf accentue cette urgence.
Avec l'ouverture des marchés, les entreprises béninoises vont être confrontées à des standards de qualité régionaux et internationaux.
Celles qui sauront former leurs équipes rapidement et efficacement auront un avantage décisif.
6. Dans l'hôtellerie, le turnover est un défi permanent. Le FOFO peut-il répondre à cet enjeu ?
Le turnover dans l'hôtellerie est structurel.
Les horaires sont exigeants, la pression est quotidienne, et les meilleurs éléments sont chassés par la concurrence régionale, Abidjan, Dakar, Casablanca, voire Dubaï.
C'est la réalité de notre secteur.
La question n'est pas de supprimer le turnover : c'est illusoire.
La question, c'est : quand quelqu'un part, est-ce que son savoir-faire reste dans la maison ?
Un chef de réception qui a 15 ans d'expérience et qui sait gérer un VIP difficile, anticiper un problème de réservation, désamorcer un conflit : si tout ça repart avec lui, vous recommencez à zéro.
Mais s'il a été formé à formaliser et transmettre cette expertise, vous avez des modules de formation qui restent, des séquences pédagogiques que le suivant pourra réutiliser et enrichir.
C'est ce que j'ai compris en présidant ce jury : le FOFO ne forme pas juste des formateurs.
Il crée un système de capitalisation des savoirs.
Et ça, dans un marché du travail aussi tendu que celui de Cotonou en 2026, c'est stratégique.
7. Vous disposez d'un formateur de formateurs en interne au Sofitel. Qu'est-ce que cette expérience de jury vous a apporté de différent ?
C'est justement parce que nous avons cette fonction en interne que mon regard était aiguisé.
Je sais ce que ça demande de former des formateurs.
Je connais les pièges, les raccourcis, les fausses évidences.
Ce que j'ai observé au FOFO, c'est une rigueur méthodologique qui va au-delà de ce que beaucoup d'entreprises mettent en place seules.
La conception à rebours, la structuration séquencée, l'évaluation par le jury, c'est un cadre exigeant qui produit des résultats visibles en cinq jours.
Chez Sofitel, nous avons nos propres standards Accor et notre formateur dédié.
Mais toutes les entreprises n'ont pas cette ressource.
Et même celles qui l'ont pourraient bénéficier d'un regard extérieur structurant.
Ce que le FOFO apporte, c'est une méthode transférable, quel que soit le secteur, et surtout une certification qui engage le candidat à prouver sa compétence, pas simplement à assister.
En sortant de cette journée de jury, je me suis dit : si chaque entreprise béninoise qui fait de la formation interne envoyait ne serait-ce qu'un ou deux experts dans ce dispositif, le niveau général de la formation professionnelle au Bénin ferait un bond considérable.
8. En tant que présidente du jury, quel regard portez-vous sur la crédibilité de la certification ?
Je suis exigeante par nature, c'est le métier qui veut ça.
Dans le luxe, on ne transige pas sur la qualité.
Et je n'aurais pas prêté mon nom à un dispositif qui ne soit pas à la hauteur.
Ce que j'ai constaté, c'est un processus rigoureux.
La grille d'évaluation est précise et transparente. Les candidats savent exactement sur quoi ils sont évalués.
Le jury est souverain et indépendant. Il y a eu des échanges francs, des retours exigeants. Personne n'a été certifié par complaisance.
C'est ce qui fait la différence entre une attestation de présence et une certification. L'attestation dit « vous étiez là ».
La certification dit « vous savez faire, et un jury l'a validé ».
Sur un marché béninois où trop de formations se contentent du premier modèle, c'est un positionnement qui a de la valeur.
Et j'ajoute : la présence d'un jury externe, composé de professionnels, donne une légitimité que le candidat peut ensuite porter dans son entreprise.
Quand un collaborateur revient avec une certification validée par des pairs, ça change le regard de sa hiérarchie sur lui.
9. Que diriez-vous aux entreprises béninoises qui ne connaissent pas encore le FOFO by MANEGERE ?
Je leur dirais de se poser une question simple : combien dépensez-vous chaque année en formations internes qui ne changent rien ?
Parce que c'est ça, le vrai coût caché.
Des heures de réunion déguisées en formation.
Des PowerPoint défilés devant des équipes passives.
Des expertises précieuses qui ne se transmettent pas parce que personne n'a appris à les transmettre.
Le FOFO répond à un problème que tout le monde connaît mais que personne ne nomme : l'expertise seule ne suffit pas à faire un formateur.
Et un mauvais formateur, même brillant dans son domaine, peut faire plus de dégâts que de bien, parce qu'il décourage les apprenants et décrédibilise la formation aux yeux de toute l'organisation.
Le Bénin est dans un moment charnière.
On a la croissance.
On a les investissements.
On a les infrastructures.
Ce qui manque, c'est la capacité à faire monter les équipes au niveau de nos ambitions. Le FOFO by MANEGERE est l'un des rares dispositifs que j'ai vus qui répond à cet enjeu avec sérieux.
Et je le dis en tant que DRH d'un établissement 5 étoiles, où l'exigence est notre quotidien : ce que j'ai vu lors de cette certification m'a convaincue.
Questions fréquentes sur le FOFO by MANEGERE
Qu'est-ce que le programme FOFO by MANEGERE ?
Le FOFO (Formation de Formateurs) by MANEGERE Associés est un programme certifiant de 5 jours de formation intensive suivi d'une journée de certification devant jury.
Il est conçu pour transformer des experts métier, cadres, managers, consultants, en formateurs professionnels capables de concevoir des modules pédagogiques structurés et d'animer des formations avec méthode.
Le programme repose sur la conception à rebours (on part de ce que l'apprenant doit savoir faire, pas de ce que le formateur sait) et s'appuie sur une boîte à outils de 14 mémos pédagogiques.
À l'issue de la formation, les candidats passent une certification devant un jury externe indépendant, composé de professionnels en exercice.
Le FOFO est proposé en format inter-entreprises (sessions ouvertes à Cotonou et Abidjan) et en format intra-entreprise sur mesure.
Pourquoi une certification avec jury externe plutôt qu'une simple attestation de formation ?
La certification FOFO repose sur une mise en situation réelle devant un jury externe indépendant.
Chaque candidat conçoit un module de formation complet, avec objectifs pédagogiques mesurables, déroulé séquencé et techniques d'animation, puis en anime une séquence en direct.
Le jury évalue sur une grille précise et transparente.
Cette exigence a une double valeur : elle garantit que la compétence est réelle (pas la simple présence), et elle donne au certifié une légitimité que ses managers reconnaissent à son retour.
Sur un marché où trop de formations délivrent des attestations de présence, la certification FOFO by MANEGERE est un signal de qualité vérifiable.
Le FOFO est-il pertinent pour les entreprises en Afrique de l'Ouest, et pas seulement pour les multinationales ?
Oui, et c'est précisément pour répondre aux réalités des entreprises ouest-africaines que MANEGERE Associés a développé sa capacité à Cotonou et Abidjan.
La transformation économique du Bénin (GDIZ, modernisation portuaire, développement touristique) crée un besoin massif de montée en compétences que les formateurs extérieurs ne peuvent pas absorber seuls.
Former des formateurs internes, qui connaissent les réalités terrain, les codes culturels et les contraintes organisationnelles locales, est une réponse structurelle.
La ZLECAf intensifie cet enjeu : les entreprises béninoises et ivoiriennes qui disposent d'une capacité interne de formation solide auront un avantage compétitif mesurable face à la montée des standards régionaux.
Comment le FOFO répond-il au problème du turnover dans les secteurs à forte rotation d'effectifs ?
Le turnover ne détruit pas la valeur lorsque le savoir-faire a été formalisé et transmis avant le départ.
Le FOFO by MANEGERE forme les experts à externaliser leur expertise : concevoir des modules réutilisables, documenter les pratiques, former les suivants à partir de séquences pédagogiques reproductibles.
Quand un chef de réception expérimenté, un conseiller bancaire senior ou un manager opérationnel quitte l'organisation, ses 15 ans de savoir-faire ne partent pas avec lui, ils sont encodés dans des modules que le suivant peut s'approprier et enrichir.
C'est un système de capitalisation des savoirs, pas seulement une formation.
Quelles sont les prochaines sessions FOFO disponibles ?
MANEGERE Associés organise le FOFO en format inter-entreprises à Cotonou (Bénin) et Abidjan (Côte d'Ivoire).
Les prochaines sessions confirmées : Abidjan, du 13 au 17 avril 2026 ; Abidjan, du 13 au 17 juillet 2026 ; Cotonou, du 20 au 24 juillet 2026.
Chaque session inclut 5 jours de formation intensive et 1 journée de certification devant jury. Le format intra-entreprise est disponible sur demande, pour les organisations souhaitant déployer le programme en interne sur leurs propres équipes.
Contact et inscription : corinne.prigent@manegere.fr





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